Les facteurs potentiels de survenue d’un accident, mais aussi les mesures de prévention découlant de l’analyse, peuvent être classés en trois grandes familles :

  • Humains
  • Organisationnels
  • Techniques

Les facteurs humains

Ces facteurs d’accident sont propres à l’individu. Ils concernent son état physique, la formation qu’il a reçue et son état psychologique au travail.

Le physique

Il paraît évident que l’état physique au travail et l’état de santé du travailleur peuvent être sources d’accident du travail. L’état physique concerne les problèmes liés à la taille, à l’âge, à certaines particularités (droitier, gaucher), à l’acuité visuelle et auditive ou à un handicap physique particulier (vertige, claudication, doigt coupé…). L’état de santé est consécutif aux maladies que le travailleur a pu contracter (état fiévreux, grippe, fatigue, manque de sommeil…).

La formation

Par « formation » on entend tout ce qui relève de la formation des salariés : formation du nouvel embauché à son poste de travail mais également formation des salariés permanents de l’entreprise lors d’une implantation nouvelle, d’une modification dans le processus de fabrication. Et puis il y a la formation à la sécurité…

La psychologie

L’état psychologique de l’individu a une influence directe sur son comportement dans le travail. Un salarié peut se trouver dans un état dépressif pour de multiples raisons : problème d’emploi, difficultés familiales, stress, fatigue, mauvaise intégration, dans l’équipe de travail. Ces facteurs sont en général plus difficiles à mettre en évidence, l’individu n’a pas forcément envie de se confier ni de faire part de ses états-d’âme.

 

Les facteurs organisationnels

L’Organisation du poste de travail

Il s’agit de connaître le contexte organisationnel dans lequel évolue l’opérateur sur une machine ou une installation donnée. La salarié peut travailler en poste, de nuit, être amené à travailler en heures supplémentaires. Il est intéressant de connaître la conception des postes de travail et comment son gérés les flux produits, matière, etc. Le poste de travail se trouve dans un certain environnement (co-activité et coordination avec d’autres postes de travail).

Les modes opératoires – fiches de poste

Il s’agit de décrire précisément les différentes phases du travail à réaliser, de préciser avec quels moyens le travail sera accompli, quels peuvent être les risques éventuels encourus par le salarié et quels doivent être les moyens de prévention à mettre en œuvre pour éviter l’accident. La fiche de poste reprend tous ces éléments, elle est affichée au poste de travail et portée à la connaissance des opérateurs. =formation sensibilisation= individu

Les circulations

La circulation des piétons et des engins tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des bâtiments constitue une source importante d’AT. L’état des sols, la largeur des allées et voies de circulation, le balisage sont des critères à retenir dans l’analyse des accidents. La vitesse de circulation, la signalisation et l’encombrement sont d’autres critères à retenir.

Voici une séquence vidéo présentant l’avis de Bernard Costier, contrôleur de sécurité :

Bernard Costier : regard sur les facteurs organisationnels et humains

 

Techniques

Le matériel

  • Le matériel utilisé par l’opérateur peut être source d’accident. Sous ce vocable nous trouvons : les outils, les machines, les engins et véhicules, les matières, les installations techniques.
  • La conception, la maintenance, l’état de ces matériels peuvent occasionner des accidents.
  • Ces matériels peuvent être d’usage courant, habituel ou exceptionnel.
  • Ces matériels peuvent être inadaptés au travail à réaliser.

La tâche ou travail

  • L’organisation des postes de travail.
  • La nature du travail à réaliser.
  • Il faut parfois se poser la question de la différence entre le travail prescrit et le travail réel.

Milieu ou ambiance

L’opérateur peut être soumis à son poste de travail à des nuisances physiques et/ou chimiques ? Les nuisances physiques sont relatives aux niveaux sonores d’exposition, aux niveaux d’éclairage, aux ambiances thermiques, climatiques, aux rayonnements ionisants. Les nuisances chimiques concernent l’utilisation des produits chimiques classés (voir les nouveautés en termes de classification ici ) .

Voici une séquence vidéo présentant l’avis de Claire Monfaucon, contrôleur de sécurité (qui, elle, n’est pas encore en retraite) :

 

Claire Monfaucon : regard sur les facteurs techniques et sur un nouvel outil

 

Rappel réglementaire :

Derrière le terme « formation à la sécurité », deux types de formation peuvent être mises à jour, l’une permettant de maîtriser son environnement de travail, l’autre por­tant sur les risques spécifiques du poste de travail. La formation à la sécurité constitue un élément majeur de prévention permettant de maîtriser son environnement de travail.

La réglementation du travail fait peser sur l’employeur l’obligation d’assurer la sécurité et de proté­ger la santé des travailleurs. La formation constitue une des mesures lui permettant de remplir son obligation. La formation à la sécurité est entendue ici comme un moyen de maîtriser son environne­ment de travail, le législateur précisant que « l’employeur veille à l’adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à l’amélioration des situations existantes » (art. L. 4121-1 du Code du travail).

Non seulement former à la sécurité constitue une obligation légale de l’employeur mais cela fait aussi partie intégrante de la politique de prévention qu’il doit mettre en oeuvre. La directive européenne 89/391/CEE du 12 juin 1989 dite « directive cadre » posait notamment le principe d’une démarche globale de prévention fondée sur la connaissance des risques et, transposée en droit français, le Code du travail précise qu’il incombe à l’employeur de fournir aux salariés les informations, la formation et les instructions nécessaires pour assurer leur sécurité et protéger leur santé (art. L. 4121-1 et L. 4121-2 du Code du travail). Les salariés de leur côté doivent prendre soin, en fonction de leur formation et de leurs possibilités, de leur santé et de leur sécurité, ainsi que de celledes autres personnes concernées par leurs actes ou leurs omissions (art. L. 4122-1 du Code du travail). À côté de cette démarche générale de prévention dans laquelle s’intègre la formation, le législateur avait déjà prévu une formation générale à la sécurité en 1976 (loi n° 76-1106 du 6 décembre 1976 modifiée, relative à la prévention des accidents du travail).

Le salarié doit pouvoir bénéficier d’une formation pratique et appropriée aux risques auxquels il est exposé tout au long de sa vie professionnelle. La formation générale à la sécurité porte en particulier sur les risques liés à la circulation dans l’entreprise et ceux liés à l’exécution de son travail. Elle a pour objet de l’instruire notamment des mesures de prévention à prendre ainsi que de la conduite à tenir en cas d’accident.

Des formations complémentaires à la formation générale à la sécurité permettent de maîtriser les risques spécifiques du poste de travail.

 

Quelles mesures de prévention pour ces trois facteurs ?

Les mesures techniques

Ce sont des mesures qui touchent le matériel. Elles sont en général assez aisées à définir. L’application de ces mesures peut être immédiate, différée, modulée dans le temps.

La solution immédiate est celle qui peut être décidée immédiatement après l’accident par le contremaître ou le chef d’équipe et appliquée sans délai.
La mise en place d’un carter de protection, dans le cas d’un accident sur machine, est une solution de ce type.
Des solutions différées ou modulées dans le temps sont à moyen ou à plus long terme. Elles nécessitent une étude plus approfondie et souvent un coût financier plus important (achat de nouvelles machines, etc).

Les mesures humaines

Ces mesures sont en général plus difficiles à mettre en œuvre. Elles touchent en effet aux problèmes et inerties liés au comportement humain :

  • Poids des habitudes,
  • Méfiance vis-à-vis de ce qui est nouveau,
  • Peur des responsabilités,
  • Peur de ne pas être à la hauteur,
  • Réticences diverses.

Ces mesures sont liées à l’information et à la formation des personnes :

  • Information sur les risques liés au non-respect du port des EPI,
  • Information sur les consignes de sécurité,
  • Information sur les fiches de postes,
  • Formation sécurité

Les mesures organisationnelles

Elles concernent l’organisation du travail en lui-même, L’entreprise peut par exemple mettre en place un système adéquat de management de la sécurité. L’expérience montre que ces mesures sont souvent délaissées voire ignorées, l’entreprise acceptant difficilement de remettre en cause son organisation.

Plus haut en amont seront identifiés les facteurs de risque, plus il deviendra facile d’en déterminer un maximum qui soit commun à différentes situations de travail.