Le bruit et vous : connaître

Quelques notions pour comprendre

Le bruit est « une sensation auditive désagréable et gênante » (définition de l’Afnor – Association française de normalisation). Pour définir un bruit on le caractérise essentiellement par son niveau et sa fréquence.

Le niveau : c’est la quantité de bruit

On le mesure en « décibel » (dB). La pression sonore s’exprime en « pascal ». Sa mesure est accessible par un sonomètre et représente l’amplitude du champ de pression sonore en un point.
L’échelle de son varie entre 20 micropascals (seuil d’audibilité) et 200 pascals. Cependant cette unité, le pascal, n’est pas pratique puisqu’il existe un facteur de 10 000 000 entre les sons les plus faibles et les sons les plus élevés qui peuvent être perçus par l’oreille humaine. Pour plus de facilité, on utilise le décibel (dB), qui permet de comprimer cette gamme entre 0 (seuil d’audibilité) et 120 (seuil de la douleur).

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Le décibel fait appel au logarithme décimal et ceci a des conséquences importantes, par exemple :

  • quand on additionne deux sources de même niveau, le résultat global augmente de 3 décibels. Ainsi, deux sources de 80 décibels chacune vont, ensemble, émettre un son de 83 décibels ;
  • quand on additionne dix sources de même niveau, le résultat global augmente de 10 décibels.
  • Impression
  • si deux niveaux de bruit sont émis simultanément par deux sources sonores, et si l’une est au moins supérieure de 10 dB(A) par rapport à l’autre, le niveau sonore résultant est égal au plus grand des deux.

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La fréquence

L’oreille ne perçoit pas toutes les fréquences de la même manière. Ainsi, l’oreille humaine perçoit moins bien les sons en basses fréquences. En conséquence, on applique au son mesuré un filtre qui suit la courbe moyenne des atténuations acoustiques de l’oreille en fonction de la fréquence. On parle alors de pondération. La pondération A est le nom mathématique du filtrage pour les sons d’intensité courante. On parle alors de dB(A) ou de dBA. On utilise aussi la pondération C pour les intensités élevées comme les niveaux crête. On parle alors de dB(C) ou de dBC

Ces notions de base sont des outils indispensables pour bien appréhender l’évaluation des risques liés au bruit et s’approprier les exigences complémentaires. Elles nécessitent d’être approfondies avant l’utilisation d’appareils de mesure ou d’analyse de situation complexe.

Vos obligations

Le code du travail comporte 3 décrets spécifiques concernant le bruit :

Ce dernier texte insiste sur l’obligation faite aux employeurs d’agir préventivement afin de supprimer ou de réduire l’exposition aux bruits directement à la source, lors de la conception des postes et des lieux de travail eux-mêmes, mais aussi par le choix des équipements, des procédés et des méthodes de travail. Dans ce texte, vous trouverez les thèmes suivants:

  • Détermination et évaluation des risques
  • Dispositions visant à éviter ou à réduire l’exposition
  • Protection individuelle
  • Information et formation des travailleurs
  • Surveillance de la santé

En outre, le décret propose de nouvelles valeurs d’exposition au bruit:

1) des seuils absolus à ne pas dépasser : la détermination de l’exposition effective du travailleur au bruit tient compte de l’atténuation assurée par les protecteurs auditifs individuels portés par le travailleur.

2) des valeurs d’exposition déclenchant l’action : les valeurs d’exposition déclenchant l’action ne prennent pas en compte l’effet de l’utilisation de protecteurs auditifs individuels.

Ces valeurs s’appuient sur 2 grandeurs physiques relatives à l’exposition du salarié :

– le niveau d’exposition sonore quotidien au bruit (noté Lex,d, en dBA) représentant la dose journalière de bruit reçu par une personne dans le cadre de son activité. La notion d’exposition au bruit est liée au travail réel d’une personne lors d’une journée de travail (à ne pas confondre avec le bruit émis par une machine ou le bruit ambiant). En effet, Le travail réel impose des déplacements et la notion de temps intervient. L’exposition tient donc compte des variations de temps à chaque emplacement de travail.

Ainsi plus le niveau de bruit est élevé, plus les seuils d’exposition sont atteints avec une durée d’exposition courte.

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– le niveau de pression acoustique de crête (Lp,c peak en dBC) indiquant le niveau maximal de la pression acoustique instantanée. Cette grandeur permet de prendre en compte le risque de lésions liées à des bruits impulsionnels (exemple : chocs acoustiques intenses comme les chocs métalliques).

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Les exigences de la réglementation concernant l’évaluation des risques sont basées sur la comparaison de l’exposition au bruit du salarié à différents seuils. Les exigences minimales associées sont décrites dans le tableau ci-dessous.
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Comme vous pouvez le constater, l’étude des risques liés au bruit ne peut être envisagée sans un apport de connaissances de base à la fois techniques, contextuelles et réglementaires. En cas de difficultés de compréhension, n’hésitez pas à vous rapprocher du Centre de Mesures Physiques de la Carsat Nord-Picardie.