Zoom sur ce risque spécifique avec une illustration en entreprise.

 

Les travaux en espaces confinés font partie du « métier » pour une partie des techniciens de la station d’épuration de Wattrelos-Grimonpont. Une formation particulière, accompagnée d’un équipement adapté ne suffisent cependant pas. En effet, l’organisation du travail se doit d’être au diapason des exigences de ces activités si particulières afin de protéger les hommes. Mais ici, cela coule de source…

 

 

 

 

 

Mise en service en 2003, la station d’épuration de Wattrelos-Grimonpont est exploitée par l’entreprise SUEZ. Elle est située entre Wattrelos et Leers, au bord du canal de Roubaix, à quelques centaines de mètres de la frontière belge et traite les eaux usées de 417 000 équivalents-habitants dont 32 000 belges. Cet équipement, appartenant à la Métropole Européenne de Lille, représentait, lors de sa construction, le deuxième investissement le plus important de la métropole lilloise après le métro.

 

 

 

 

 

 

Comment fonctionne une station d’épuration ?

 

Concrètement une station d’épuration a pour objectif le traitement des eaux usées. Ces eaux sont généralement formées du sous-produit d’une utilisation humaine (usage domestique, industriel, artisanal, agricole ou autre), d’où l’expression « eaux usées ». Elles ont au passage été altérées et sont considérées comme polluées et devant être traitées avant rejet dans le milieu naturel. Une station d’épuration est donc une usine qui sert à nettoyer ces eaux usées avant de les rejeter dans la nature. Différentes étapes interviennent dans ce traitement, telles que dégrillage, dessablage, déshuilage, décantation et filtration (séparation mécanique, sous l’action de la gravitation), traitements biologiques et chimiques et enfin rejet.

 

                                         © Josefpm — http://commons.wikimedia.org/wiki/File:ESQUEMPEQUE.jpg

 

 

Des métiers confinés…

 

 

 

Un site, tel que celui de Wattrelos-Grimonpont, comprend plusieurs bassins et des ouvrages d’architecture souterrains, parcourus par les eaux à traiter. Les techniciens d’exploitation et de maintenance sont chargés de :

 

 

 

  • veiller au bon fonctionnement des installations de traitement des eaux usées, c’est-à-dire les vannes, les pompes et les filtres,
  • en assurer également l’entretien, le nettoyage et la maintenance,
  • prévenir les dysfonctionnements et assurer les éventuels travaux de dépannage et de réparation,
  • mais également contribuer à la vérification de la qualité des eaux en effectuant des prélèvements et des analyses.

 

 

 

 

 

 

Ces missions impliquent pour les agents un certain nombre de tâches à effectuer en espace confiné. Un espace confiné est défini comme un espace fermé, totalement ou partiellement. Cet espace n’est pas au préalable conçu ni destiné à être occupé par du personnel évoluant à l’intérieur. Les opérations qui s’y déroulent sont alors définies comme exceptionnelles, que ce soit au stade de la fabrication de ces espaces, de leur entretien (nettoyages en particulier) ou de leur maintenance (vérifications périodiques, réparations).

Les moyens d’accès, à l’extérieur comme à l’intérieur, sont restreints. Lors de la pénétration dans ces espaces, les opérateurs peuvent être exposés à un nombre important de risques qu’il convient de maîtriser.

 

Ainsi sont qualifiés d’espaces confinés les puits, regards, grosses canalisations, égouts, vide sanitaires, fosses en tout genre, citernes, silos, réservoirs, cuves, réacteurs de l’industrie chimique ou nucléaire. Outre les risques liés à l’atmosphère respirable, s’ajoutent également d’autres risques tels que chutes de hauteur, noyades, risques chimiques et biologiques, incendie, explosion,…

 

Pour la station Wattrelos-Grimonpont, 6 salariés sont dédiés exclusivement à la maintenance des installations

 

Une station où l’on épure aussi les risques…

 

 

SUEZ, en charge de l’exploitation de la station d’épuration, a pris les devants pour former ses techniciens et organiser les interventions en espaces confinés tel que préconisé dans la recommandation CNAM R447.

 

Monsieur Cicéros, adjoint au responsable de production, nous explique : « Sur le site, nous avons l’habitude de travailler avec l’odeur. On peut même dire que nous ne la sentons plus. En revanche, les risques sont bien présents pour nos métiers, et il faut justement éviter d’en arriver à ce même constat : celui de ne plus les sentir, de ne plus les appréhender. Le respect de la méthode et de l’organisation est essentiel pour rester vigilant et en sécurité ».

 

Thierry Becker, contrôleur de sécurité à la CARSAT Nord-Picardie, confirme : « L’entreprise est particulièrement exemplaire en matière de prévention des risques professionnels pour ses interventions en espace confiné. »

 

 

 

Ainsi, avant que les techniciens n’interviennent dans les réseaux d’assainissement, une évaluation des risques liés à l’intervention est formalisée sur un permis de pénétrer qui détaille la nature de l’intervention, l’identification des risques, les contrôles et vérifications réalisés (mesures d’atmosphère), le niveau de qualification des intervenants ainsi que les moyens et mesures de prévention à mettre en œuvre.

 

 

 

 

 

Conformément à la recommandation R447, les espaces confinés sont ventilés mécaniquement afin de rendre l’atmosphère respirable (teneur en oxygène comprise entre 19 et 21 % et respect des VLE et LIE).

 

 

 

 

 

 

A l’issue de la période de ventilation et préalablement à l’entrée des intervenants, les concentrations en oxygène et en gaz toxiques et/ou inflammables sont mesurées au moyen d’un contrôleur d’atmosphère. Mesures réalisées en trois points en introduisant le contrôleur d’atmosphère dans l’enceinte à partir de l’extérieur.

 

 

 

 

 

 

 

 

Chaque intervenant pénètre dans l’espace confiné avec un contrôleur d’atmosphère et un masque auto-sauveteur.

 

 

 

 

Les intervenants sont également équipés d’un harnais relié à un trépied par un système d’arrêt de chute.

 

 

 

L’intervention s’effectue sous la supervision d’un surveillant situé à l’extérieur de la zone confinée. Il a en charge de veiller à l’application des consignes de sécurité et coordonne les secours en cas de problème.

 

 

 

Formation des salariés et déploiement du dispositif CATEC®

 

 

A ce jour, 18 salariés de SUEZ, susceptibles d’intervenir en espace confiné au sein de la station d’épuration, ont été formés CATEC® (certificat d’aptitude au travail en espaces confinés).

 

Il s’agit d’un référentiel de formation, issu de la recommandation CNAM R472, qui définit un socle commun et homogène de compétences intégrant les bonnes pratiques de prévention.

 

Cette formation comprend des mises en situation et des simulations d’incidents/accidents pour aider les stagiaires à intégrer les bonnes pratiques. Ainsi, les personnes formées intègrent les bons comportements et sont en mesure d’appliquer des mesures de prévention convergentes limitant par là même les risques d’accident.

 

L’INRS a en charge l’habilitation des organismes de formation et la formation des formateurs CATEC.

 

 

Action régionale CATEC

 

Durant la période 2016/2018, la CARSAT Nord-Picardie déploie une action de contrôle et de conseil auprès des entreprises du domaine de l’eau potable et de l’assainissement. 70 entreprises sont régulièrement visitées dans le cadre de cette action qui vise notamment à promouvoir le déploiement des recommandations CNAM R447 et R472.

 

 

 

 

Pour aller plus loin…

 

  • Brochure INRS ED 6184 – Les espaces confinés.
  • Brochure INRS ED 6026 – Interventions en espaces confinés dans les ouvrages d’assainissement.
  • Guide de ventilation INRS ED 703 – Ventilation des espaces confinés.
  • Brochure INRS ED 894 – Détection des gaz et vapeurs dans l’atmosphère des locaux de travail.

 

Contact :

Clément Corbier

Contrôleur de Sécurité

06.76.99.29.12

clement.corbier@carsat-nordpicardie.fr