Rendez-vous aujourd’hui chez BSM, à Vitry-en-Artois. BSM, c’est de la maintenance et de la réparation de véhicules utilitaires légers et de poids lourds. Et aujourd’hui le sujet, c’est comment injecter de la prévention dans toutes les composantes de son entreprise. Démonstration avec Guillaume Leriche, Directeur, qui nous a ouvert ses portes.
C’est dans le parc d’activités de l’Aérodrome, en bordure de Vitry-en-Artois, que nous découvrons le bâtiment neuf qui abrite aujourd’hui la société BSM et ses 15 salariés. C’est d’ailleurs ce bâtiment, dès la phase de conception, qui a conditionné à l’origine l’accompagnement de la Carsat. Les locaux précédents étaient vétustes, peu spacieux et inadaptés, et la société a décidé de consacrer du temps et des moyens à la conception d’un bâtiment conforme et sûr.

BSM2Quelques informations préalables à notre visite nous avaient interpellé, comme ce fait : pas un accident du travail depuis 2009. Pourtant sur ce type d’activité, ce ne sont pas les risques qui manquent : circulation de véhicules, chutes dans les fosses de visite (les ouvertures dans le sol qui permettent à l’opérateur de travailler sous le véhicule), chutes de plain-pied pour cause d’encombrements, le bruit, les gaz d’échappement, les fumées de soudage, les chutes de hauteur (concernant le travail de maintenance en partie supérieure du véhicule), les TMS. Et d’autres, car le risque est partout et on ne peut tout maîtriser. Mais néanmoins on peut maîtriser beaucoup. Dont acte, tous les risques listés ont fait l’objet d’un travail : couloirs de circulation très visibles, colonnes de levage pour travailler à hauteur d’hommes, ponts élévateurs, dispositif de couverture escamotable sur les fosses de visite, système de récupération des huiles usagées en fond de fosse, dispositif d’extraction des gaz d’échappement, de captation des fumées de soudage, plateforme d’accès avec garde-corps, et on en oublie, parce qu’on n’a pas assez de place. Et puis des vestiaires, des douches, 7 bleus de travail par personne. On n’oublie pas l’humain non plus.

« On essaie de simplifier la vie de tout le monde », nous explique Grégory Leriche. Parce qu’après avoir dressé la liste de tout ce qui a été fait pour prévenir les risques évoqués, il est important de souligner l’esprit dans lequel tout ceci est mis en place. « On consulte les salariés sur les décisions importantes, tous les responsables ont donné leur avis sur les plans d’implantation des nouveaux locaux ».  C’est dans le dialogue et dans la participation que le nouveau lieu va aussi se contruire petit à petit. Car prévenir, c’est aussi faire le lien nécessaire entre la pratique de l’activité par les opérateurs et le risque. Le lieu est nouveau, mais les opérateurs ont un vécu, un bagage, et c’est sur le long terme que l’on donne du sens à la prévention.  C’est une substitution qui ne se fait pas en un jour… Les opérateurs sont formés, « 3 sur chaque activité ». « C’est leur outil de travail » précise M. Leriche. Détail, qui a son importance ou pas : tous les samedis matins, c’est petit-déjeuner pour tout le monde, ensemble. Il paraît que le climat social joue sur l’absence d’arrêts.

La conclusion est pour lui : « il faut toujours aller au devant des problèmes. Nous, on va au devant des accidents ».

 
Respect des recommandations et des normes

« On a bloqué le chantier 6 semaines pour être sûr qu’on respectait les normes ATEX ». Et il n’y a pas que ces normes, liées aux atmosphères explosives, qui ont fait l’objet d’une attention de la part de l’entreprise. L’ED 950 « Conception des lieux et des situations de travail » a été pris en compte. La recommandation CNAM R.469 (portant sur la conception de fosses de visite pour véhicules routiers et engins de chantier), la R.433 (portant sur l’exploitation – installation, utilisation et repli – des plates-formes suspendues motorisées) ainsi que la R.468 (qui remplace depuis octobre 2012 la R.331, portant sur l’utilisation, l’aménagement et la rénovation de fosses de visite pour véhicules et engins) ont été suivies. Et c’est bien le but des recommandations (que vous pouvez retrouver sur www.ameli.fr) : proposer aux professionnels des « règles de l’art » sur un sujet donné, un recueil de bonnes pratiques qui doivent servir à la mise en sécurité d’une activité. Norme ATEX, suivi d’une recommandation, tout passe par l’évaluation, condition sine qua non de la maîtrise des risques. L’expérience BSM, c’est aussi un exemple de la prise en compte de la prévention en amont de la conception.

 

Ce qu’en pense Clément CorbierClément CORBIER

Contrôleur de sécurité à la Carsat Nord-Picardie

Clément a été contacté par l’entreprise dès le projet de conception du nouveau bâtiment afin d’intégrer la prévention des risques professionnels à toutes les étapes (maîtrises d’oeuvre et d’ouvrage). Il identifie les clés d’une telle réussite : « L’entreprise a su capitaliser l’expérience acquise dans les précédents ateliers. Par ailleurs, les salariés ont été impliqués afin de favoriser la prise en compte des contraintes liées au travail réel. Enfin, les investissements réalisés en matière de sécurité n’ont pas été faits au détriment de la productivité ». Cela semble évident que travailler dans un espace adapté amène à un confort de travail et, par conséquent, une productivité accrue. Les marges de progrès, selon lui, et de l’avis également de Grégory Leriche, sont désormais dans l’acceptation des salariés sur le long terme : « Il faut lutter contre les habitudes qui veulent que, malgré les moyens disponibles, certains salariés ont tendance à se plier en quatre, concrètement, pour exercer leur activité ».

 

Contact : clement.corbier@carsat-nordpicardie.fr