Rejoindre un réseau professionnel, c’est élargir sa palette de couleurs, découvrir et ajouter de nouvelles teintes. En matière de prévention, le tableau sur lequel l’Intervenant en Prévention des Risques Professionnels (IPRP) est amené à œuvrer est déjà peint et pourtant, ce spécialiste doit y apporter sa touche personnelle mais également aborder de nouvelles techniques qui ne font pas obligatoirement partie de sa palette originelle. D’où la création du réseau IPRP Grand-Est.

La cartographie économique des entreprises sur le plan national révèle une prédominance des TPE. Celles-ci n’ont, dans la plupart des cas, pas les compétences internes pour répondre de manière à la fois adaptée et pluridisciplinaire aux problématiques de prévention.

 

RéseauLa loi du 20 juillet 2011 a réaffirmé qu’à défaut de ressources et de compétences dans ses effectifs, l’employeur peut faire appel aux IPRP. L’objectif  qui se dessine alors est clair : mettre en relation des IPRP compétents avec les entreprises en recherche afin de les soutenir et de les accompagner dans toutes leurs préoccupations en matière de santé au travail.

Le réseau IPRP Grand-Est est né de la volonté de trois Carsat de l’Est de la France (Alsace-Moselle, Bourgogne – Franche-Comté et Nord-Est) de proposer des réponses opérationnelles à deux problématiques :

  • pour les chefs d’entreprise, la recherche d’un intervenant adapté,
  • pour les intervenants, la mise à jour de leurs compétences et de leurs connaissances, ainsi que le travail en réseau.

 

Depuis le 1er janvier 2012, la Carsat Nord-Picardie a rejoint le réseau, affirmant par là-même, son rôle d’accompagnant, de formateur, de facilitateur de prévention.

 

En complément, la Carsat a créé une formation intitulée  « Maintien et Actualisation des compétences des IPRP » qui a réunit 27 inscriptions pour la première session.

 

Les objectifs sont de permettre aux IPRP habilités/enregistrés de poursuivre leur formation en santé et sécurité au travail : en restant informés des évolutions récentes, en renforçant leur collaboration avec le réseau prévention et les différents acteurs institutionnels, en approfondissant les méthodes et outils de la prévention des risques professionnels et en participant à des échanges pratiques.

 

 

Le réseau s’étend progressivement, regroupant actuellement 20 % des IPRP habilités dans notre territoire. Sur l’ensemble des départements couverts par les quatre Carsat, 33 % des intervenants y adhèrent.

 

Comment rejoindre ou contacter le réseau ? Rendez-vous sur le site www.iprp-grand-est.fr !

 

Internet comme carrefour des compétences

Le réseau est présent sur la toile, via le site www.iprp-grand-est.fr.

 

Les intervenants, puisque le site leur est avant tout dédié, y trouvent un espace virtuel de rencontre, de mise en commun des connaissances et d’ouverture vers un appui technique sur les sujets variés et souvent pluridisciplinaires qu’ils sont amenés à rencontrer.

 

La seconde porte d’entrée du site propose une optique « entreprise » en offrant à celles-ci la possibilité de trouver un IPRP adapté aux besoins face aux risques identifiés.

 

En effet, le public IPRP est issu d’horizons extrêmement diversifiés aussi bien en termes de formation initiale que d’expériences professionnelles. Le site prolonge le découpage de l’ancienne habilitation en organisant les corps d’intervenants en trois familles : médicale, technique et organisationnelle.

 

Ce véritable portail répond de manière pratique et documentée à des questions simples. Il est à noter que le réseau dispose en complément du site, d’une page Facebook et de son compte Twitter pour plus d’interactivité.

Le réseau, côté utilisateur

Les intervenants sont tout d’abord des spécialistes dont les formations de départ peuvent être extrêmement variées : ergonomie, toxicologie, hygiène industrielle, organisation du travail… Rencontre avec Cécile Bisch Bellegueule, du cabinet MétroErgo :

« De formation initiale dans le domaine des conditions de travail, terminée par un doctorat en génie biomédical, j’ai complété mes compétences scientifiques par un master en gestion d’entreprise afin de créer ma propre structure, MétroErgo. Mon optique n’était pas à l’époque de devenir intervenante en prévention des risques professionnels, cependant pour collaborer avec certaines entreprises, l’habilitation IPRP était obligatoire. J’ai donc demandé mon habilitation en 2007.

En matière de prévention, nous sommes partie prenante d’un macrocosme pluridisciplinaire et bien souvent interdépendant. Le réseau IPRP Grand-Est est devenu pour moi à la fois une base de travail mais également une source de contacts pour de nouvelles missions.

Je me sers bien souvent de la liste des IPRP en fonction de leurs compétences afin de pouvoir échanger en fonction des demandes des entreprises et des besoins exprimés, à la fois pour des sujets qui dépassent mes compétences propres mais également parce qu’en termes d’accompagnement des démarches de prévention il est primordial d’avoir plusieurs angles de vision et d’autres pistes d’analyse sur un projet, une mission.

Finalement l’important, c’est l’échange. Il faut avant tout être prêt à donner pour recevoir. Le réseau n’est pas une encyclopédie en ligne : en face, il y a un autre professionnel avec son propre cadre de référence qui pourra être amené à vous faire des demandes d’analyse et d’aide de même nature que celles que vous vous apprêtez à lui faire. C’est la  base même du réseau… et de sa réussite aussi !

De plus, les échanges constructifs m’amènent parfois à conseiller à l’entreprise avec qui je travaille de mener une mission complémentaire avec un autre intervenant plus spécialisé dans un domaine qui est hors de mon propre champ de compétence.

Et pour ne rien gâcher, une grande  part de mon activité professionnelle et de mes missions à l’heure actuelle découlent du réseau : les prescripteurs, qu’ils soient des services de santé au travail, de la Carsat ou MSA, de l’Anact[1] ou bien encore du réseau IPRP, savent vers qui aiguiller les entreprises en fonction des besoins spécifiques. Sur l’année 2012, 50 à 60% de mes contrats proviennent du réseau.»

 

[1] Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail