Une entreprise neuve, un chantier colossal, des effectifs jeunes et une volonté de prévention qui s’exprime sur de nombreux chantiers, la Société d’Approvisionnement Biomasse Energie des Hauts de France (Sabehf) est en phase de structuration. Mais face aux risques, vous allez voir de quel bois elle se chauffe !

 

Nesle, dans la Somme, a vu sortir de terre un bien curieux chantier : d’un champ de blé début 2012 a émergé une chaudière biomasse, mise en service en juin 2014. Ce projet novateur et ambitieux redonne un nouveau souffle à la filière bois des forêts de Picardie, mise à mal par les fermetures d’un certain nombre de papeteries régionales.

Le principe général de fonctionnement de cette chaudière est la génération d’électricité par le passage de vapeur d’eau dans une turbine, cette vapeur étant créée par un foyer à 900° qui tourne perpétuellement, alimenté par du bois.

Sabehf, filiale de Kogeban assure les activités induites par le fonctionnement : réception et déchargement des camions de grumes, échantillonnage pour vérifier la qualité du bois (densité, humidité, granulométrie), transformation des grumes en plaquettes, stockage des plaquettes dans un bâtiment extracteur, approvisionnement de la chaudière, gestion des cendres et déchets.

Les principaux risques ? Le risque incendie, le bruit, la circulation et les engins, et surtout les poussières de bois (substances cancérogène, mutagène et repro-toxique – CMR – ).

 

Le grand ménage

 

Photo SabehfOui, l’entreprise avait besoin d’un grand ménage, car la transformation des branches et des troncs en plaquettes susceptibles d’être consumées de la meilleure façon possible nécessite une coupe fine qui génère une poussière importante.

L’exposition des salariés aux poussières de bois, se passait essentiellement lors de phase de maintenance quotidienne : changement de lame et vérification du fonctionnement de l’installation.

Très rapidement, le local « coupeuse » se retrouvait couvert d’une couche de plusieurs dizaines de centimètres de poussière de bois et le moindre déplacement d’air (ouverture de porte) projetait la partie supérieure de l’ensemble en suspension, principalement les particules les plus fines.

L’entreprise avait pris en considération ce risque dans son document unique, mais plutôt que d’investir dans une solution inadaptée, elle a choisi de prendre la mesure du problème avant de mettre en place la solution la plus adéquate.

Une rencontre avec le contrôleur de sécurité de la Carsat Nord-Picardie, Lena Da Conceicao, a permis de faire intervenir le Centre de Mesures Physique pour des mesurages, des préconisations et des conseils lors de la phase de devis.

 

Ne pas mettre la poussière sous le tapis !

 

Le choix s’est porté sur une solution technique innovante en cours d’installation, qui combine aspiration, refroidissement du moteur de la coupeuse à bois, stockage de la poussière et plus tard… transformation de cette poussière en galettes agglomérées qui viendront elles-mêmes alimenter la chaudière. Ainsi, rien n’est perdu et la suppression du risque augmentera même la productivité !

L’ensemble du système nécessite un investissement de 140 000 euros dont une partie est financée par la Carsat dans le cadre d’un contrat de prévention TPE*.

La recherche de la suppression du risque CMR (expositions aux poussières de bois), en partant des préconisations de la Carsat, s’est également effectuée par le biais d’une démarche participative des salariés. Cette société nouvellement créée emploie une vingtaine de salariés, plutôt jeunes, auxquels Philippe Pascal, directeur du site, a souhaité inculquer comme valeurs fondamentales la prévention et la sécurité. Pas d’idées préconçues des métiers, pas de vieilles habitudes ancrées : que du neuf et la dynamique de prévention s’en voit améliorée.

* Ce dispositif est à retrouver sur le site internet de la Carsat Nord-Picardie.

 

Des projets à foison

 

En parallèle à ce gros chantier, l’entreprise continue à se développer et à améliorer en continue les aménagements déjà en place : un nouveau plan de circulation vient d’être validé et se construit progressivement, les bâtiments abritant les salariés de la partie administrative vont être sortis du site de production pour une mise en sécurité des personnes, la cabine du conducteur du convoyeur d’approvisionnement en bois de la coupeuse vient d’être déplacée pour une meilleure vision de l’ensemble du processus et elle est en cours d’aménagement (position du conducteur, vibrations,…).

Par ailleurs la valorisation des cendres sera bientôt en place avec des solutions en direction de l’agriculture et du BTP (cimenterie, couverture des routes).

Ainsi la boucle est bouclée et touchons du bois pour que cela continue…

 

Contact : Lena Da Conseicao, lena.da-conceicao-rosado@carsat-nordpicardie.fr