Un dispositif peu connu mais utile…

Le CRPE est un dispositif de retour ou de maintien à l’emploi pour les assurés en arrêt de travail. C’est un contrat passé entre l’organisme de Sécurité sociale, le salarié et l’employeur, en accord avec la Direccte[1]. Ce contrat est obligatoirement assorti d’une formation en milieu ordinaire; il permet au salarié de se réaccoutumer à son ancienne profession ou d’apprendre un nouveau métier.

Le bénéficiaire doit avoir la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé délivrée par la MDPH[2].

Le contrat est conclu pour une durée de 3 mois à 1 an renouvelable, pendant laquelle il ne pourra y avoir ni licenciement ni désengagement du salarié.

Le salaire versé pendant le CRPE est le fruit d’une négociation entre le salarié, l’employeur et l’organisme de Sécurité sociale. La part qui incombe à ce dernier et à l’employeur varie au cours du contrat. Le principe est d’augmenter la part de l’entreprise afin d’arriver, à la fin du contrat, à une prise en charge totale du salaire par l’employeur.

L’employeur peut bénéficier d’aides octroyées par l’Agefiph[3] (prime à l’insertion, aide à l’aménagement du poste de travail,…)

 

CRPE3Des bénéfices pour le salarié et l’entreprise

Afin d’illustrer la mise en œuvre du CRPE, citons l’exemple d’une situation survenue dans l’Oise.

Le salarié a 50 ans, 32 ans d’ancienneté dans l’entreprise et souffre de problèmes de genoux. Son poste d’usineur l’oblige à utiliser un tour avec pédale de frein au pied. Suite à un arrêt de travail, il reprend à temps partiel thérapeutique et le médecin le déclare « inapte temporaire » (pas de station debout prolongée). Le salarié est ensuite reconnu travailleur handicapé.

Avec le CRPE, les objectifs de l’entreprise sont de lui faire acquérir de nouvelles compétences pour un emploi de monteur, plus adapté à son état.

Une fois l’aménagement de poste réalisé, la formation peut commencer : établi surélevé, chaise « assis-debout », chariot de transport à roulettes…

Au cours de ce contrat le salarié est entouré par des tuteurs qui supervisent son apprentissage et son travail.

Après 6 mois de formation le salarié est capable de monter des « sous-ensembles » simples, de lire des plans complexes et d’utiliser un logiciel de montage en 3D.

Une demande de prolongation du CRPE va être déposée par l’entreprise, car la formation n’est pas terminée.

Quelques mois de pratique pour accéder au montage de « sous-ensembles » complexes sont nécessaires au salarié ; il aura alors toutes les connaissances requises pour occuper le poste de monteur.

 

Un nouveau départ 

Pour le salarié, ce parcours signifie progression professionnelle et personnelle. Sur le plan physique, ce poste adapté limite les incidences sur ses genoux.

Pour l’employeur, le recours au CRPE a permis de reclasser un salarié expérimenté et d’augmenter son niveau de qualification et de compétences.

 

Pour en savoir plus :

www.emploi.gouv.fr/dispositif/contrat-reeducation-professionnelle

[1] Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi
[2] Maison départementale de la personne handicapée
[3] Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées

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