Savez-vous que plus de 10% des accidents du travail sont imputables à une glissade ? Caractérisée par une perte d’adhérence, cet évènement est susceptible d’entraîner une perte d’équilibre pouvant occasionner une chute de plain pied. Voici des pistes de travail pour vous aider à rester d’aplomb.

Même si tous les secteurs d’activité sont concernés par cette problématique, certains sont plus particulièrement touchés, comme l’industrie agro-alimentaire ou les ateliers de fabrication mécanique, lorsque les personnes sont amenées à se déplacer sur des revêtements de sols gras et parfois lisses.

Pourquoi glisse t’on ?

Sol glissantLes facteurs entraînant la glissade sont nombreux et d’origines multiples :

  • Les facteurs provenant du sol telle sa nature (carrelage, béton,…),
  • Les facteurs liés à la chaussure : la nature de la semelle (caoutchouc, polyuréthanne) et les sculptures des semelles,
  • Les facteurs liés à un produit recouvrant le sol ou la semelle de la chaussure.
  • Les facteurs biomécaniques et psychiques relatifs à la marche peuvent contribuer à la glissade.
  • Les facteurs environnementaux (manque d’éclairage par exemple) et organisationnels (contraintes de temps, action dans l’urgence, nombres de tâches à effectuer,…) peuvent aussi être évoqués.

 

Que propose la Carsat Nord-Picardie ?

 Le Centre de mesures physiques de la Carsat Nord-Picardie réalise ponctuellement des campagnes d’évaluation de la résistance au glissement du sol, réalisée par la mesure du coefficient de frottement dynamique. Les mesures sont réalisées à l’aide du Portable Friction Tester (PFT) après application d’un polluant (huile végétale ou minérale) sur le revêtement à caractériser.

La mesure repose sur le principe d’une roue freinée : lorsque l’appareil est en mouvement les deux roues arrière (motrices) du PFT entraînent un réducteur qui implique une vitesse de rotation inférieure à la roue test avant, générant ainsi une force de résistance au glissement entre le sol et la roue test (voir photo).

Des mesures de prévention

Avant tout, un sol propre et sec ! Pour cela, il est essentiel de :

  • Protéger les zones de circulation des intempéries.
  • En extérieur, prévoir une pente transversale la plus faible possible tout en favorisant l’évacuation latérale de l’eau en cas de pluie.
  • En intérieur, éviter les zones de rétention d’eau après nettoyage des sols en prévoyant, là aussi, des pentes (1,5 à 2 %).
  • Supprimer les fuites sur le processus de fabrication, d’étanchéifier les systèmes maîtrisés.
  • Utiliser des moyens de récupération des polluants à la source.
  • Eliminer le polluant des chaussures : installer un tapis de sol dans l’entrée.

Mais également, un local adapté :

  • Organiser la circulation du personnel, ajouter des rampes et des mains courantes dans les zones à risques (escalier).
  • Adapter l’éclairage à l’activité et assurer une maintenance des dispositifs d’éclairage (Code du Travail/norme NF EN 12464-1 et 2).
  • Assujettir le tapis de sol dans l’entrée et autres couvre-planchers pour qu’ils restent à plat et ne glissent pas.

Un travail sur le revêtement de sol :

  • Choisir un revêtement de sol dont le seuil de glissance est adapté à l’activité en s’appuyant sur : les recommandations (le coefficient de frottement dynamique doit être supérieur ou égal à 0,30 -voir recommandations INRS- pour les revêtements de sol où le polluant inhérent à l’activité est gras, le coefficient de frottement dynamique doit être mesuré avec de l’huile), les classements performanciels UPEC ou P/MC établis par le CSTB, la norme expérimentale de classement des locaux XP P 05-011. La valeur du coefficient de frottement ne doit pas être non plus trop élevée, ceci afin d’éviter des blocages et des décélérations élevés du pied, susceptibles de provoquer une chute en avant.
  • Limiter les disparités de l’état de surface qui créent la surprise et un risque de glissade ou de déséquilibre : éviter de juxtaposer des revêtements de sols dont les niveaux d’adhérence sont très différents ; créer une bande de revêtement de sol de coefficient intermédiaire entre 2 revêtements de rugosité très différents ou créer une séparation physique (porte battante).
  • Soigner le 1er nettoyage : après la mise en place d’un nouveau revêtement de sol, un soin particulier et spécifique doit être apporté, il permet d’éliminer les résidus de chantier (ciment, laitance, produits de jointement,…).
  • Remplacer le revêtement usé ou défectueux.

N’oublions pas un protocole de nettoyage adapté et efficace :

  • Dégraisser le sol avec un produit et un dispositif adapté : attention aux brosses ou aux produits trop agressifs. A l’issu du nettoyage, il ne doit pas demeurer d’encrassement résiduel.
  • Appliquer le protocole de nettoyage aussi souvent que nécessaire : soigner les zones de circulation fréquentes et les zones de travail.
  • En cas de pollution accidentelle : traiter l’incident le plus rapidement possible et baliser la zone d’intervention, remonter les informations et définir des actions correctives.
  • Créer une zone de nettoyage des chaussures pour la sortie de la zone polluée.
  • En cas d’intempérie, éliminer la neige et le verglas et épandre du sel sur le sol dans les zones de circulation.

Et pour revenir à l’Homme, des chaussures antidérapantes :

  • Équiper le salarié de chaussures confortables et adaptées à l’activité. En fonction de la nature des produits susceptibles de se trouver sur le sol, il faut choisir la classe de résistance au glissement la plus appropriée (se référer au marquage de la chaussure) :    « SRA » s’il y a risque de présence d’eau sur le sol (par exemple du fait du nettoyage du sol), « SRB » s’il y a risque de présence de produits gras, « SRC » s’il y a risque de présence sur le sol d’eau et/ ou de produits gras et/ou de produits de nature indéterminée.
  • Équiper les visiteurs de sur-chaussures antidérapantes.

Contact : cellule d’assistance, risque.physique@carsat-nordpicardie.fr